Amore

Si je suis partie, ce vendredi 25 octobre 1970, c'est
parce que je voulais avoir un amour de loin. Comme les
troubadours.
J'ai les idées très claires là-dessus : je m'en allai parce
que c'était exactement ça que je voulais de la vie. La vie,
j'en avais une idée plutôt étriquée, je dirais. J'imaginais
une petite boîte où l'on pouvait ranger une chose et une
seule. Un peu comme les étuis rigides des stylos à plume,
où il n'y a de place que pour un stylo, qu'on coince dans
un sillon prévu pour ça et c'est tout. Les autres n'avaient
qu'à remplir leur étui de milliers de trucs, moi, une seule
chose me suffisait, et j'avais décidé que ce serait l'amour
de loin. À n'importe quel prix, même s'il me fallait aller au
bout du monde.
Mêlant avec bonheur une veine réaliste et une
inspiration féerique - une adolescente à cheval
parcourt l'Italie des années 1970 -, Amore est un
merveilleux «roman d'apprentissage», apprentissage
de la vie, des contradictions de l'amour et de
nos désirs.