Week-end à Schizoland

- Trente morts.
Le ton douloureux de Sylvestre
masque mal l'once de triomphe
revanchard. Le vieux paysan narquois
pose son fagot de sarments de vigne,
qui embrasera les grillades, et remonte nourrir ses
poules.
La douche a produit son effet réparateur, comme
dit le poète. Les personnages ont changé de peau,
pour revêtir la parure qui sied à cet instant intense de
socialisation annoncé. Etre, avoir, manger, boire,
parler, voilà à peu de chose près un singulier raccourci
de l'existence.
Zulma, jeune étudiante toulousaine, se trouve dans les
couloirs de la fac, lorsque la lune s'abat sur la ville rose
à dix heures vingt et une, le 21 septembre 2001.
Suivant le réflexe instinctif des troupeaux confrontés à
leur survie, elle fuit AZF, la poussière blanche, les
immeubles éventrés... direction le Quercy et son Mas del
Sol où l'attend, cerné de résidences secondaires, un oncle
"trop plouc aux yeux des citadines en goguette, trop
intellectuel pour les filles attachées à la terre".
L'explosion de l'usine délie les langues. Les
contradictions fusent, les passions s'exacerbent. Une
reconstruction de la société toute entière est à portée de
voix, dans le huis clos d'un week-end rural qui invoque
Giono.