Les médecins dans l'aventure saint-simonienne

Syncrétisme moral, politique et religieux, apparu vers 1830 à l'initiative de Claude-Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon, la
doctrine qui porte son nom visait à améliorer les conditions de vie des ouvriers, à accroître le bien-être social du pauvre et à moderniser la situation de la médecine de l'époque. Très vite, « le philosophe de la science, le législateur de l'industrie, le prophète d'une loi d'amour » eut parmi les médecins des fidèles et des disciples. C'est à cet engouement des scientifiques que s'attache l'essai du docteur Jean Guénel.
Dans la lignée de la Révolution, les saint-simoniens proclament qu'il faut achever de détruire l'ancien régime, c'est-à-dire l'exploitation de l'homme par l'homme.
Au travers des portraits des « pères » du mouvement, l'auteur décrit les combats de ces médecins parfois utopiques, mais incontestablement engagés. Et il se penche sur les raisons de cet engouement, sur la fascination des saint-simoniens pour la médecine, mais surtout, en regard, sur ce qui a poussé certains médecins à adopter la doctrine. En effet, en ce début du XIX<sup>e</sup> siècle, apparaissent chez les médecins des préocupations sociales nouvelles et la science du corps cesse d'être le privilège des nantis.
Essai sur le saint-simonisme et sur ses membres, l'ouvrage du docteur Guénel est également une captivante fresque retraçant les grandes avancées de l'histoire de la médecine et des préoccupations sociales au XIX<sup>e</sup> siècle.