Au diable vauvert. Alatyr : récits

Au diable vauvert. Alatyr : récits

Au diable vauvert. Alatyr : récits
Éditeur: Verdier
2005192 pagesISBN 9782864324584
Format: BrochéLangue : Français

Les deux récits présentés ici, Au diable vauvert (1914) et Alatyr

(1915), offrent le tableau d'une Russie provinciale, burlesque et

colorée, à la veille du cataclysme de la Première Guerre mondiale

pour l'un, et de l'apocalypse révolutionnaire pour l'autre.

Historiquement daté - les allusions à l'Alliance franco-russe

permettent d'en situer l'action entre 1892 et 1914 -,

Au diable vauvert est dépourvu d'indications topographiques

précises. Il évoque le quotidien d'un détachement militaire

quelque part aux environs de la frontière chinoise, du côté de

la mer du Japon, en un lieu accessible uniquement par la mer.

La Censure devait interpréter ce récit comme

une «image profondément insultante des officiers russes».

Alatyr , ville inventée dont le nom est aussi celui de la pierre

légendaire des contes russes, vient compléter l'exploration

imaginaire de l'ancienne Russie effectuée par l'auteur.

Paradis originel qui, bien souvent, s'apparente à un enfer,

la cité d'Alatyr est peuplée de bêtes craintives ou sauvages.

La Censure reprochera à Zamiatine d'y avoir campé

des personnages «qui n'ont pas figure humaine».

Evgueni Zamiatine est perçu par nombre de ses

contemporains, dès la parution de ses premiers récits, comme

un nouveau Gogol, ce qui ne doit rien au hasard. En effet,

à travers les plaisanteries grasses des soldats d' Au diable vauvert

ou les rêves des jeunes filles d' Alatyr , Zamiatine fait rire,

de même que Gogol dans Les Âmes mortes. Mais l'auteur qui,

de son propre aveu, souffre d'hérésie chronique et tient la vie

pour une tragédie, rappelle à la fin de chaque récit

que son rire est avant tout une politesse du désespoir.

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