Vila-Matas, pile et face : rencontre avec André Gabastou

En 1985, un jeune écrivain de Barcelone publiait un livre qui allait secouer les
lettres espagnoles : Abrégé d'histoire de la littérature portative. L'ouvrage s'inscrit dans
une lignée d'écrivains inattendue (celle de Laurence Sterne) et est entièrement
composé d'échos littéraires.
Tous les livres qui suivent s'emboîtent et se répondent sans pour autant se répéter,
chacun explorant un continent littéraire pour mieux s'en affranchir : Pessoa,
Kafka, Musil, Joyce, etc.
Homme-livre, Enrique Vila-Matas l'est à plus d'un titre mais sans perdre pour
autant de vue ce qui fait la matière la plus précieuse de l'écrit : la place de l'être
dans le monde et le temps.
Pile et face, tel un funambule, l'écrivain joue avec l'ombre et la lumière à cheval
entre la fiction et l'essai pour accéder à un équilibre fragile dont le profil se
dessine peu à peu.