Autoportrait d'un réfractaire

«Je t'ai lu à 5 heures ce matin, sur un balcon, au 5<sup>e</sup> étage d'un immeuble
de la rue de Rome. J'ai trouvé la forme très innovante, quelque chose
comme nous n'avions plus», écrit Françoise B... à Richard Chambon. «Lu
avec plaisir ! Après décantation, le littéraire l'emporte sur l'acide. Et au
bout du compte, il reste un ouvrage d'une totale sincérité», l'informe cet
autre lecteur.
Antirépublicain convaincu et «anarchiste conservateur» au sens où l'entend
Gustave Thibon, l'auteur a conservé l'impertinence de sa jeunesse ;
laquelle, avec l'expérience, s'est doublée d'une aspiration libertaire et du
besoin viscéral d'échapper au conformisme abêtissant que les médias
nous inoculent pour empoisonner nos esprits et mieux nous asservir.
Ces pages expriment l'exaspération d'un homme ordinaire confronté à la
propagande et à la désinformation officielles via un matraquage médiatique
de tous les instants ; l'exaspération d'un homme lassé de subir
l'oppression administrative, fiscale et policière ; l'exaspération d'un
réfractaire à l'imposture généralisée : l'imposture de la Culture quand
la Direction des musées s'acoquine avec les galeristes promoteurs des
élucubrations venues d'Outre-Atlantique ; l'imposture de l'Histoire où
sévissent l'abêtissante "pensée unique" et les dogmes infernaux du
"politiquement correct" ; l'imposture de la Politique où la repentance pharisienne
impose sa monstrueuse tyrannie, etc.
À nous de lutter contre l'emprise diabolique de la politique sur nos existences
afin d'empêcher qu'elle ne multiplie ses métastases. À nous de
dénoncer l'imposture officielle dans l'espoir de ralentir la fuite en avant de
notre civilisation en direction du matérialisme absolu, et de faire que nos
enfants inclinent un tant soit peu vers la transcendance !
Comme en une sorte de "patchword", ces réflexions politiquement incorrectes
et fort corrosives en disent plus long qu'il n'y paraît et ne sont pas
moins subversives que le (dé)bloc-notes du préfacier.