Le somnambulisme provoqué (1886)

Henry Beaunis (1830-1921) prit une part active aux recherches de
l'École de Nancy et à ses discussions avec l'École de la Salpêtrière :
son ouvrage sur le «somnambulisme provoqué» résume sa
contribution expérimentale de nature psycho-physiologique et expose
son point de vue. Les résultats qui ont été exposés dans la première
partie de son ouvrage apportaient des preuves sur le caractère
somatique du somnambulisme. La psychologie des sujets
suggestionnés se doublait ainsi d'études et de réflexions sur la
physiologie. Il était le digne représentant en France de la psychologie
physiologique. D'un point de vue psychologique, Beaunis voyait dans
l'hypnotisme non seulement un instrument d'étude des phénomènes
psychologiques mais surtout un procédé d'expérimentation direct sur
les phénomènes de l'intelligence, une véritable méthode de
psychologie expérimentale. L'hypnotisme devait être pour le
philosophe ce que la vivisection était pour le physiologiste.
Représentant de l'École de Nancy, Beaunis a bien souligné que
Liébeault, Bernheim, Liégeois et lui-même ne s'accordaient que sur
deux points. Le premier était celui de l'irréalité des phénomènes
observés par Charcot et décrits par l'École de la Salpêtrière. Ces
phénomènes n'étaient dus qu'à des suggestions inconscientes. Le
second était celui de la puissance de la suggestion et son emploi en
thérapeutique. Pour tout le reste, les opinions divergeaient. Par
exemple, si pour Bernheim il n'y a pas d'hypnotisme mais que de la
suggestibilité, pour Beaunis il y a autre chose que de la suggestion
dans le somnambulisme provoqué. En effet, la suggestion seule ne peut
pas expliquer tous les phénomènes.
Nous reproduisons ici en fac-similé l'édition originale (1886) du
livre de Beaunis : Le somnambulisme provoqué.
Ce livre s'adresse aux psychothérapeutes, psychologues, historiens
et étudiants désireux de découvrir un des plus fameux écrits de l'École
de Nancy.