La vie politique de Sénèque

Sénèque est né dans une famille équestre et provinciale originaire de Cordoue en
Bétique (Espagne du sud). Il fit les études de droit qui étaient nécessaires à une
activité de rhéteur et d'homme politique. Mais en même temps, il fit, par plaisir et pour
son bonheur, des études de philosophie : il se considéra toujours comme un adepte de
la philosophie stoïcienne, aussi bien dans sa vie privée que dans sa vie publique.
Exilé en Corse pendant 6 ans pour avoir déplu à Caius, l'empereur fou, il est, à la mort
de celui-ci, rappelé à Rome par Agrippine pour éduquer Néron et il est amnistié par
Claude, le nouvel empereur.
Précepteur de Néron, il est, à la mort de Claude, associé à Burrus pour gouverner
Rome, qui représente alors l'empire du monde. Il se montrera un administrateur
brillant et intelligent : les Finances seront centralisées et la Justice libéralisée. Le sort des
esclaves et des affranchis sera, à différentes reprises, l'objet de sa sollicitude.
L'armée, constituée presque complètement par les légions affectées aux frontières,
apparaît comme un excellent auxiliaire de la politique de Sénèque, sauf en Bretagne où
son général, Paulinus fut obligé de combattre 230 000 barbares qu'il mit en déroute. Il
dut partager avec Néron son pouvoir sur les Prétoriens et les équipages de la flotte qui
formaient la lie de l'armée romaine.
Burrus mort, Sénèque était brisé. Disgracié, il s'éloigna dans une retraite douce : mais
Néron, après avoir fait assassiner Agrippine, voulait faire disparaître ce témoin gênant
de son enfance et de sa jeunesse. Ses affranchis mirent en scène la conjuration de Pison.
Il y échappa par le suicide et ainsi disparut un esprit brillant et sage, un stoïcien !