La prairie parfumée

Après huit années passées en Allemagne à préparer un doctorat
qu'elle n'a pas achevé, Eqbal Bakri, une des leaders du mouvement
étudiant égyptien du début des années 1970, rentre précipitamment
en Egypte pour revoir sa mère mourante.
Eqbal se réinstalle dans la chambre de son enfance et partage
le vieil appartement familial avec Chaker, son frère aîné.
Celui-ci a travaillé une dizaine d'années au Qatar ; peu après son
retour, il a perdu toute son épargne dans la faillite d'une banque
islamique, ce qui a précipité son divorce. Il se consacre à un
vieux rêve : l'écriture d'un scénario sur la révolte d'Ahmad
Orabi en 1882, qui déboucha sur l'occupation anglaise du pays.
Mais il trouve un emploi au Koweït, où il part avant de terminer
son projet.
Le roman accompagne Eqbal dans sa difficile réadaptation à
une Egypte socialement et politiquement transformée, où ses
anciens camarades des années militantes se sont rangés et dispersés.
Sans forcer le trait, en évoquant tour à tour l'échec de la
révolte d'Orabi et celui, un siècle plus tard, du mouvement progressiste
arabe, il est hanté par la question qui taraude les élites
arabes contemporaines : "Comment en sommes-nous arrivés là ?"