La psychiatrie vécue au XIXe siècle : lettres à Louisa

2 février 1886 : tentative de meurtre à l'hôtel du Louvre. L'assassin est le
neveu du baron Haussmann. Extravagant, riche, mondain. Emmanuel baron
Artaud a épousé Louisa, pieuse fille d'aristocrates de province. Secrètement
ordonné prêtre puis prélat, il entretient un chaste mariage, tout en menant
ailleurs de tumultueuses liaisons.
«Fou circulaire», Emmanuel est interné ; Haussmann nommé tuteur.
Emmanuel s'évade avec la complicité de Louisa, dont il a divorcé à contrecoeur,
et erre en Europe, traqué par les sbires de son oncle qui clame : «Emmanuel
est un fou légal et j'en userai ; cette fortune est à moi».
Cette histoire vraie est «folle assurément, mais Artaud était-il fou ?
Ce témoignage, transmis sans éclairage savant, offre une lumière étonnante
sur les pratiques des aliénistes... Un document captivant sur les rapports entre
folie et société» (Professeur Arnaud Plagnol).
Se heurtent ici les deux attitudes éternelles devant la folie. Haussmann
et ses experts, précurseurs de la psychiatrie moderne, amalgament troubles
psychiques et dangerosité sociale gérée par la relégation et les soins sous
contrainte. Face à eux, la compassion affectueuse de Louisa encourage un
traitement libre dans la cité pour arracher Emmanuel au pouvoir de ses
fantasmes.