Un alligator nommé Rosa

Un coin perdu du Sud de la France, entre la mer et la montagne.
Antoine, nouveau garde-malade, vient au chevet de
Rosa, vieille femme fatiguée, usée par la vie. Dans un paysage
idyllique, c'est pourtant Haïti qui est au coeur de ce
roman où les dialogues prennent des allures de soliloques et
où les procès n'ont pas lieu devant un jury. Implacablement,
Marie-Célie provoque des rencontres entre un bourreau et
sa victime, entre une femme et un homme, un tête-à-tête
dont personne ne sortira indemne. Des années après la
mort du dictateur, les blessures sont toujours aussi vives.
Pour les panser, certains ont choisi l'exil, d'autres, l'oubli.
Chaque fois, il faut partir, partir pour un ailleurs qui est
souvent soi. Mais la mémoire veille, brûlante. Alors, il faut
parler, dire la douleur, retrouver les mots. C'est ce que fera
Antoine, espérant enfin trouver la paix au terme d'une
longue errance.
Outre une incursion dans l'univers méconnu des reines-choches,
ces tortionnaires implacables tirant les ficelles des escadrons
de la mort sous le régime Duvalier, Marie-Célie Agnant dresse
un sombre portrait de ce qui distingue l'homme de l'animal.
Diablement efficace.
Jade Bérubé, La Presse.
Marie-Célie Agnant s'est imposée sans peine comme l'une des
voix essentielles de la littérature haïtiano-québécoise, elle dont
l'oeuvre connaît un admirable rayonnement international.
Stanley Péan, Le Libraire.