Les négociations interburundaises : la longue marche vers la paix

Ce livre est un témoignage clé, car il n'est pas habituel qu'une
personnalité burundaise aussi importante livre sa pensée à un
large public. L'auteur raconte le long travail de la construction de
cet «esprit d'Arusha». Sous la houlette des médiateurs - Nyerere
d'abord, Mandela ensuite -, il a fallu briser les tabous, analyser
sans faux-fuyant la question ethnique, vaincre les peurs fondées ou
fantasmées des uns et des autres. Un travail harassant, dans un
contexte de guerre civile.
Mais au-delà du témoignage, vivant, précis, documenté, le
président Buyoya mène et assume un profond travail de réflexion
sur l'histoire tourmentée du Burundi et tire des leçons qui pourraient
servir à des pays en butte à des crises semblables.
L'auteur s'exprime en tant qu'acteur de premier plan, fortement
engagé et parfaitement conscient de l'importance des fonctions qui
étaient les siennes. Mais il ne revendique aucune prééminence. C'est
une modestie qu'il faut souligner car, tout au long de cet ouvrage,
il montre l'implication et l'engagement d'hommes et de femmes,
Burundais, étrangers, qui ont cru dans son projet de négocier non
pas la fin de la violence, mais aussi l'émergence d'une nouvelle
société burundaise plus juste.
L'accord d'Arusha a permis de sortir de l'engrenage des cycles
de violence dans lequel le peuple burundais s'enfermait mais,
lucide, l'auteur sait qu'il ne faut pas s'arrêter là : Arusha est un socle
perfectible.