Mature morte : pamphlet en proésie

Extrait :
Vieux mais scolaires, votre copie valide ma thèse. Vous êtes conforme.
Seul votre bruit est authentique. C'est la lie. Votre lumière est celle
d'abat-jour sans lendemain. Votre Dieu est un interrupteur. Deux cent
vingt volts auront suffi à l'antéchrist pour se mettre à jour en temps
réel. Clic ! Je saute les paragraphes entiers qui racontent vos vies de
gêne. Vos propos aussi sont boulimiques. Vous m'en direz tant que je
n'en peux plus. Vous vous goinfrez la panse. Vides mais lourds, vous
avez la moindre idée de tout. Tout roule, passe, perd et manque en
vous. Vous ne retenez rien que le gras. L'époque vous rend large et sans
écho. Vous avez mérité votre image. Mon audimat vous terrorise car il
annonce votre fin. Ma parole est mise à feu. Mon sang porte le voile.
Ma haine m'anime.
Entreprise de délation dont vous êtes la victime et le bourreau, je suis
celui qui parle. Au programme, massages sous-cutanés et épilation du cervelet.
Nourri au sang d'encre, j'ai bonne mine. Polygame sans épigone, je suis
otage du verbe être et partisan du syndrome de Stockholm. Atome travaillant
à l'éclatement de ce monde superflu, je ne suis pas n'importe qui et c'est ce
qu'on me reprochera. D'avance merci.