L'épicerie du cimetière : et autres nouvelles : huit textes fantastico-surréalistes et un testament

Le fantastique et le surréalisme sont en effet bien proches : Landry
navigue de l'un à l'autre dans ce recueil de nouvelles. Les sept premières
nouvelles mettent en scène un jeune homme qui, au chômage, subsiste
comme il peut malgré des mésaventures cocasses qu'il prend d'ailleurs
avec philosophie. Par exemple, dans L'Épicerie du Cimetière , il trouve
un emploi précaire qui consiste à servir des morts, mais heureux de
l'être ; cela l'entraîne dans une folle nuit de fête macabre. Dans L'homme
qui mangea ses principes et L'homme qui mangea ses jours , il échappe
au trépas grâce à des trouvailles extraordinaires, lesquelles débouchent
sur des situations délirantes. Un autre texte relève aussi d'un morbide
joyeux : Cimetière ! Cimetière à l'horizon !. Lorelei à la Loire ? propose
notamment la description d'une rive de la Loire qui fut affichée à une
exposition. Philippe Landry cultive donc un fantastique peu "gothique",
et encore plus éloigné du trop facile cinéma d'horreur. Il préfère
travailler sur des "impossibilités" finalement surréalistes. D'autre part il
a peu de goût pour la "nouvelle à chute", étant plus sensible à l'exigence
que requiert chacune des scènes intérieures à chaque texte prises l'une
après l'autre.