Entre oc et oïl, le croissant marchois : Charente, Vienne, Indre, Haute-Vienne, Creuse, Cher, Allier, Puy-de-Dôme

Le marchois est parlé dans un espace linguistique appelé le
Croissant qui couvre une partie plus ou moins importante des
départements de la Charente, de la Vienne, de l'Indre, de la Haute
Vienne, de la Creuse, du Cher, de l'Allier et du Puy-de-Dôme.
S'étirant sur plus de 300 km, il est employé par des milliers de
locuteurs même si, hélas, il a tendance à disparaître comme la
plupart des «patois». L'auteur s'est intéressé aux différentes
études linguistiques concernant le marchois depuis le XIX<sup>e</sup> siècle
qui cherchèrent à en établir la nature : relève-t-il de la langue d'oïl
ou de la langue d'oc ? Ne constitue-t-il pas plutôt un domaine
linguistique bien particulier comme c'est le cas pour le franco-provençal
à l'est de la France ? Pour répondre à cette question,
l'étude des atlas linguistiques et les sciences qui s'y intéressent
comme la dialectométrie, la référence aux critères occitans définis
par Jules Ronjat, l'étude des noms de lieux, etc., sont autant de points
d'attaque. Un autre aspect concerne l'ancienneté du marchois et ses
particularités par rapport à la langue d'oc des troubadours. L'étude
de textes anciens comme la Charte de Charroux (Vienne), première
capitale marchoise, ou bien encore la toponymie, apportent
leur pierre à l'édifice. La question de l'intercompréhension est
importante et la distinction entre le marchois et le limousin, dialecte
d'oc, permet de mettre en évidence la nature singulière de l'identité
linguistique marchoise, entre oïl et oc.