Oeuvres philosophiques. Vol. 1. Cours de philosophie. La bienveillance dans les jugements

Oeuvres philosophiques. Vol. 1. Cours de philosophie. La bienveillance dans les jugements

Oeuvres philosophiques. Vol. 1. Cours de philosophie. La bienveillance dans les jugements
Éditeur: Vent Terral
2005557 pagesISBN 9782859270834
Format: BrochéLangue : Français

Pourquoi ne pas s'initier à la philosophie avec Jaurès pour

maître ? Que pensait-il de l'espace et du temps, de l'âme et du moi,

de la mémoire et de l'imagination, de l'infini et de la liberté, de Dieu

et de la Providence, de la morale et de l'esthétique ? Pourquoi ne

pas l'entendre sur toutes les grandes questions de l'existence ?

Clair et concis, ce cours complet, destiné à des débutants, est ici

accompagné de tous les éclaircissements nécessaires.

Parlementaire, tribun, artisan de l'unité socialiste, «apôtre»

de la paix, défenseur de la laïcité, internationaliste, «converti»

au socialisme par les mineurs de Carmaux ou par tel leader

marxiste, Jaurès ne serait que le produit d'une influence. Et s'il

s'était d'abord construit philosophiquement lui-même ?

Alors que l'on n'a trop souvent laissé filtrer de lui qu'une

parole politique instrumentalisée ou édulcorée, comment

mieux savoir que dans ce texte inédit, ce qui, avant de devenir

à 26 ans le plus jeune député de France, faisait déjà le fond de

sa pensée ? Critiquant radicalement Kant, négligeant Hegel et

l'idéalisme allemand, ignorant Marx, il se réclame du réalisme

d'Aristote, pratique Leibniz, célèbre la pensée grecque et

alexandrine et voue sa métaphysique et sa morale à un christianisme

évangélique et franciscain. En deçà et au-delà du

politique anticlérical, il y a le philosophe et l'esprit religieux.

De quoi initier une relecture de son oeuvre et son action.

«La science ne peut prétendre à expliquer

l'essence même des choses, puisqu'elle en suppose

dès le début le fond et les formes essentielles.

Elle ressemble à une société financière

qui, avant d'enrichir ses souscripteurs, est

obligée de remplir sa caisse avec leur argent.

Elle prétend distribuer à l'esprit humain le

plus haut dividende possible de vente et elle

commence par lui emprunter ses notions fondamentales

qui sont sa meilleure richesse. De

plus, même si on lui accorde ce point de départ,

la science ne peut tout expliquer. Il est vrai

que partout il y a de la matière. La matière

a quelque chose d'éternel et d'essentiel, puisqu'il

n'est pas une seule de ses parcelles qui ne

se crée ou ne se perde. Il est vrai aussi que le

mouvement est partout présent, que rien n'est

sans mouvement, et aussi qu'à travers toutes

les transformations la quantité de mouvement

est constante dans l'univers. Mais il reste vrai

qu'avec la matière brute et le mouvement on ne

peut expliquer le plus petit fait de la conscience

animale ou humaine, la moindre sensation de

couleur ou de son, le moindre sentiment de

douleur ou de plaisir, car on ne s'explique une

chose que par une autre qui ait avec la première

quelque rapport. Or, entre un mouvement du

nerf acoustique et un son, entre une vibration

du nerf optique et la couleur bleue, entre un

déchirement de tissu et une sensation de douleur

aiguë, il n'y a aucun rapport intelligible.

Donc, en somme, non seulement la science ne

peut fournir elle même les bases de l'univers,

mais sur ces bases une fois accordées elle ne

peut toute seule bâtir et orner l'édifice entier.

Il y a aux fenêtres de l'étage supérieur des

lumières que le maçon n'a pas allumées. »

2<sup>e</sup> leçon, § II

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