Passage des humbles : poèmes

«Quelques pages que tu écris,
portraits tracés au noir, instants de vies
entraperçues. Pour n'oublier ni Eux ni
Elles, humbles porteurs de petits noms
perdus au passage des jours.
Quelques pages. Peu de chose,
finalement : petites histoires, petites
misères, petites fêlures ; un peu de
lumière aussi, et de sagesse - cette folie
ou cette leçon de l'existence. De la
tendresse, surtout de la tendresse.
Cela suffit-il à donner chair à chacun
de ces Êtres, à restituer une identité à
ces silhouettes esquissées, et sa profondeur
à un regard parfois à peine croisé ?
Aucune certitude. Bien peu de
chance en vérité.
Pas de quoi donc te prendre pour un
poète.
Ni fouetter ton chat
qui n'en peut mais
t'observe par en dessous
hésite entre la porte
et la caresse de ta main
qui se tend puis hésite à son tour...
Car décidément tout est simple
mais rien jamais ne sera facile.»