Sourire d'Harar

L'assassinat de Tom l'américain, est signé de telle manière que ses
raisons ne laissent aucun doute dans l'esprit d'Henri, et le ramènent plus
de vingt ans en arrière.
Alors qu'il aurait pu remonter au Tchad dans les années 70 ou un
peu plus tard en Libye, c'est à Harar, en Éthiopie, que se situe le vrai
point de départ de cette histoire, à un moment où beaucoup de dictateurs
africains avaient entamé un véritable ballet de concert, chassés presque
simultanément avec la décomposition annoncée de l'ex-empire soviétique.
La lutte pour le contrôle des matières premières ignore cependant les
changements de régime. Au service des États, le russe, l'américain, le
soudanais, le yéméno-éthiopien, le français, oeuvrent fidèlement dans
l'ombre. Ils se croisent, s'entrecroisent, se défient, s'apprécient, se
suppriment, le cas échéant, lorsque la ligne rouge est dépassée, et lorsque
l'occasion s'y prête. L'entrée en jeu de la religion, des religions, dans ce
jeu d'échec mondial perturbe autant qu'il redistribue les cartes.
De 1991 à 2012, au centre du cercle formé depuis toutes ces années
avec ses «amis» protagonistes de cette histoire, les événements vont
ponctuer la vie d'Henri, à la fois acteur et spectateur, équilibriste sur le
fil tendu du destin, parmi les pièges, les rapports de force et les enjeux
cachés.