Un jour, tout ira bien

En ce mois de juin 1978, Jacques et moi ne nous sommes pas
engouffrés dans l'amour, non, cela aurait été bien trop banal pour
chacun de nous, plutôt dans une passion dévastatrice, dévorante,
consumante.
De l'amour, nous en avions à revendre, moi parce que je pouvais
restituer celui qu'on m'avait si bien donné, lui, parce qu'il avait ce
manque au départ de sa vie, qu'il a toujours cherché compulsivement
à combler.
En signant le registre des mariages, je signais le bonheur de
Jacques. Mon ambition était démesurée et un peu folle.
Inséparables, nous faisions bloc. La réussite de Jacques Villeret, nous
allions la mener ensemble, et gare à ceux qui lui feraient du mal.
Voici le récit de notre parcours à deux, une vie pleine de joies,
de surprises, de déceptions, de meurtrissures aussi. L'alcool est
insidieux. On commence par l'apprécier, on prend vite l'habitude
jusqu'à en dépendre puis en mourir.
Venez près de moi que je vous raconte.