Ne nous laisse pas entrer dans l'épreuve : une nouvelle traduction orthodoxe du Notre Père

«Ne nous soumets pas à la tentation»
Le texte de la 6<sup>e</sup> demande du Notre Père , traduit depuis 1966 par
cette phrase posait déjà question à Origène.
L'Assemblée des évêques orthodoxes de France propose une nouvelle
traduction française du Notre Père.
Notre père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton
règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ;
donne-nous aujourd'hui notre pain essentiel ; et ne nous laisse pas
entrer dans l'épreuve, mais délivre-nous du Malin.
Le livre de Jean-Marie Gourvil explicite les raisons qui nécessitent
d'abandonner la traduction oecuménique de cette demande :
l'homme peut-il ne pas être soumis à la tentation et à l'épreuve,
Dieu pourrait-il être le tentateur ?
L'ouvrage fonde la nécessité d'une nouvelle traduction de la 6<sup>e</sup>
demande, en s'appuyant sur les commentaires patristiques de cette
phrase du Notre Père. Pour les Pères grecs et latins et leurs successeurs,
le combat intérieur, l'affrontement aux passions, à la tentation
et à l'épreuve, sont la marque de la condition humaine et du
chemin vers l'union à Dieu et la déification. Vision paradoxale du
christianisme qui appelle l'homme au bonheur, «heureux l'homme»
(Ps. 1 ; 1), mais lui propose, en même temps, l'abandon et le
combat évangélique, formulé dans le Sermon sur la montagne.
En s'appuyant sur l'histoire du rapport de l'occident à la souffrance,
les pages de ce livre nous invitent à comprendre le contexte
culturel dans lequel la traduction oecuménique était apparue et
pourquoi il est nécessaire de proposer une autre traduction. Le
texte constitue une introduction à la vie évangélique, telle qu'elle
est portée à travers les siècles, tant par l'Église d'orient que par les
saints d'occident.