Mythe et fantasme

Si la psychanalyse nous parle fondamentalement des fantasmes,
aurait-elle aussi quelque chose à nous apprendre des mythes ?
De quoi parlent au fond ces récits étranges ? D'où proviennent-ils ?
Comment se transmettent-ils ? Quelle nécessité pousse
la communauté des hommes à en produire toujours de nouveaux ?
Quels processus président donc à leur production ? Quelle
signification faut-il leur reconnaître ? À lire les travaux des anthropologues,
il semble que ceux-ci témoignent d'un certain embarras
pour répondre à ces questions, dans l'ignorance qu'ils sont
des recherches entamées par le père de la psychanalyse et de ses
découvertes. C'est en effet Freud qui, s'intéressant au plus intime
de l'être humain, découvrira de manière inattendue la vérité
du mythe au coeur même du fantasme : mythe et fantasme
racontent l'un et l'autre l'Inconscient. Et il faudra toute l'ardeur
de ses collaborateurs pour commencer à en dévoiler les énigmes.
Une entreprise dont la pertinence se verra confirmée et approfondie
par la fécondité des travaux des psychanalystes contemporains,
lesquels ouvrent sur la nécessaire reconnaissance d'un ordre
fantasmo-mythique confirmant que la science freudienne, comme
le voulait son auteur, est bien une anthropologie.