Marseille ville morte : la peste de 1720

Les fléaux, en effet, sont une chose commune, mais on croit
difficilement aux fléaux lorsqu'ils vous tombent sur la tête. Il y a eu,
dans le monde, autant de pestes que de guerres. Et pourtant pestes et
guerres trouvent les gens toujours aussi dépourvus.
Albert Camus
Le samedi 25 mai 1720, après dix mois et trois jours d'absence,
arrive au large de Marseille le Grand Saint-Antoine. À son
bord, des hommes, du textile et... la peste.
En acceptant de laisser amarrer ce vaisseau, Marseille ne soupçonnait
alors pas qu'elle causait sa perte, et qu'elle allait ainsi se délester de
près de 50 000 de ses habitants.
Cette étude menée tambour battant par d'éminents historiens
spécialisés dans l'histoire de la cité phocéenne, décrit minutieusement
une catastrophe humaine, ses causes et ses conséquences dans la
mémoire collective, et fait la part belle aux nombreuses idées reçues
que les siècles ont traîné avec eux. Ainsi apprend-on que toutes les
couches sociales, sans distinction aucune, ont été touchées, ou
encore que la maladie n'a pas véritablement provoqué de famine,
mais plutôt un manque de ressources humaines considérables ayant
rendu difficiles les relations de commerce.
Ce tragique et apocalyptique épisode de notre histoire fut tellement
incroyable dans ses différents degrés d'horreur, que l'on a l'impression,
avec Marseille ville morte , d'être plongé dans une fiction digne
des plus grands scénarios de films catastrophe. Cet ouvrage nous
rappelle également que l'homme doit faire preuve d'humilité face aux
lois de la nature ; cela, nous le saisissons au quotidien : le tsunami
survenu en Indonésie est toujours présent dans les esprits, et plus
récemment encore le tremblement de terre en Chine ayant causé la
mort de dizaines de milliers de personnes.