Pays, paysans, paysages : La Petite Montagne au 18e siècle

« Des siècles durant, ayant survécu aux guerres, aux épidémies, aux famines, le peuple des campagnes, "attaché à la glèbe", dessina lentement les paysages ruraux.
Épierrant les champs où se construisirent les murgers, faisant reculer les bois-broussailles, empilant les pierres sèches de milliers de murets, remontant la terre des vignes sur les pentes, organisant les chemins de défruitage... les habitants de villages donnèrent aux terroirs leurs physionomies [...]
Les paysans constituaient, très évidemment, la première composante - en nombre - de la société, c'étaient les "mulets de l'Etat" selon la formule de Richelieu [...] Les gens des campagnes comtoises menaient des vies laborieuses, sous le poids d'une lourde fiscalité, du nombre élevé des indigents, des aléas climatiques, des méfaits de la faune sauvage".
Colette Merlin nous présente le paysage et les paysans qui le façonnent au 18<sup>e</sup> siècle, en Petite Montagne, au sud-ouest du département du Jura, c'est à dire à la fin de l'Ancien Régime, avant les changements de la Révolution. C'est le moment du peuplement maximal de cette petite région et aussi celui où son caractère rural fut le plus marqué. Ce fut bien " le temps des paysans ».