Agnès la Noire

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Une femme ! répéta le bandit d'un air songeur. Et habillée en homme !
Tu m'as l'air d'une sacrée drôlesse, grande et souple ! Allez, ôte ta cape !
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Il suffit, chien ! le tançai-je sans vergogne. Ne va pas croire que je suis une
donzelle gémissante dont tu pourras faire ta proie.
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Qui es-tu alors ? demanda-t-il.
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Agnès de la Fère, répondis-je. Si tu n'étais pas un étranger dans les parages,
tu le saurais.
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Je suis fraîchement débarqué ici. Viens par ici, Agnès, et donne-moi un baiser.
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Crétin ! lâchai-je, ma fureur toujours prompte à s'embraser rapidement. Faut-il
donc que je tue la moitié des hommes de France pour leur apprendre le respect ?
Regarde un peu ! Je porte ces vêtements parce qu'ils sont ceux de ma profession,
pas pour attirer les regards. Je bois, je me bats et je vis comme un homme...