L'indépendance argentine entre cités et nation (1808-1821)

Dans les premières années du XIX<sup>e</sup> siècle, à l'instar des autres régions de l'empire
espagnol, le Rio de la Plata accède à l'indépendance. À l'origine de la nation
argentine, ce processus est d'abord une révolution, avec le transfert de souveraineté
du roi au peuple. Mais comment définir ce peuple souverain : s'agit-il du peuple
abstrait des constitutions, conçu sur un mode unitaire, ou de l'ensemble des
communautés que forment les cités ?
Cet ouvrage analyse les rapports politiques et les rivalités qui opposent dès lors
la capitale, Buenos Aires, et les cités subalternes : la première entend présider
aux destinées du pays en incarnant le peuple souverain, tandis que les secondes
prétendent être les détentrices légitimes de la souveraineté. Quel sens revêt dans ce
contexte la mise en place d'un régime représentatif ? Comment faire fonctionner le
pacte politique ? Sur quelles bases fonder la nation ? La décennie de l'indépendance,
placée sous le signe de la guerre, du patriotisme et de l'invention politique, peut
se lire comme une tentative irrésolue de conciliation entre les forces centrifuges et
le projet unitaire. Les contradictions de l'Argentine actuelle, république fédérale
placée sous l'hégémonie de sa capitale, se trouvent à bien des égards en germe dans
la naissance de cette nation.
Ce livre est à la fois une clé de lecture pour aborder l'histoire contemporaine de
l'Argentine et une contribution à l'histoire politique et conceptuelle des révolutions
atlantiques. Il participe ainsi au renouvellement actuel de l'histoire du politique en
Amérique latine.