La pratique de l'intervention de groupe : perceptions, stratégies et enjeux

Les différents services sociaux utilisent de plus en plus l’intervention de groupe pour apporter une réponse aux problèmes rencontrés dans notre société. Par contre, intervenir en groupe exige la mise en œuvre d’habiletés spécifiques, habiletés sur lesquelles les intervenants reçoivent peu de formation. De ce fait, l’intervention de groupe est souvent improvisée décourageant plus d’un de poursuivre. Afin de mieux comprendre ce qui permet à un intervenant de se sentir habile, une recherche exploratoire portant sur les perceptions d’intervenants sociaux des facteurs de mise en œuvre d’habiletés spécifiques à l’intervention de groupe a été menée au Québec. Cette recherche est à l’origine de ce livre. On y découvre que les participants préfèrent les habiletés spécifiques permettant de développer l’aide mutuelle, mais considèrent celles liées au développement des interactions comme les plus importantes. Réguler le processus de groupe pose problème. Le côté interventionniste de certaines habiletés comme ÉQUILIBRER LES INTERACTIONS place l’intervenant devant un conflit de valeurs. Les hésitations devant les habiletés liées au partage du pouvoir, à la mobilisation collective et à l’engagement de l’intervenant sur un plan personnel démontrent une difficulté à occuper une position appropriée et une tendance à privilégier l’individu au groupe comme groupe. Pour ces participants, les facteurs inhérents à l’intervention de groupe sont ceux qui influent le plus sur la mise en œuvre d’habiletés spécifiques à l’intervention de groupe dans la pratique. Mais, c’est l’expérience en intervention de groupe qui rend habile. La personne de l’intervenant jouera également une influence positive alors que les facteurs environnementaux sont perçus comme étant très défavorables à cette mise en œuvre.