L'art seldjoukide et ottoman

L'art seldjoukide et ottoman

L'art seldjoukide et ottoman
Éditeur: Impr. nationale
2010285 pagesISBN 9782742792795
Langue : Français

«Les immobiles mosquées, que les siècles ne changent

pas [...], elles sont l'immuable passé ces mosquées ;

elles recèlent dans leurs pierres et leurs marbres le vieil

esprit musulman [...], elles font planer le frisson des vieux

souvenirs, le grand rêve mystique de l'Islam...» écrivait

Pierre Loti en 1890, lors de son retour à Constantinople.

Il en est ainsi de maints voyageurs étrangers, saisis par

ce charme de l'Orient, «le pays de l'imagination, la terre

du merveilleux» (Lamartine).

Giovanni Curatola retrace la lente progression

et la complexe constitution d'un peuple qu'illustrent

ses réalisations architecturales et artistiques, sur près

d'un millénaire : du XI<sup>e</sup> siècle (victoire de Manzikert,

en 1071) jusqu'à la fin du XIX<sup>e</sup> qui parachève l'urbanisme

d'Istanbul. Au long de ces siècles, l'activité édificatrice

et artistique des souverains seldjoukides puis ottomans

fut d'une richesse inégalée.

Les caravansérails seldjoukides - à Konya, Kayseri,

Sivas, Erzurum ou Nigde - comme les madrasas ou les türbe

funéraires, témoignage d'un passé nomade, frappent par

leur hiératique élégance et la richesse ornementale de leurs

portails qui culminera dans ceux de Divrigi, chef-d'oeuvre

«baroque».

L'arrivée au pouvoir des Ottomans, au début du

XIV<sup>e</sup> siècle, fait suite au lent déclin de la dynastie seldjoukide.

Leur expansion marque un tournant dans les arts : les églises

byzantines sont converties en mosquées puis de nouveaux

édifices religieux émaillent peu à peu l'empire selon le plan

en T renversé, typique de Bursa, qui sera vite prédominant,

comme dans la Yesil Camii (v. 1420). L'architecture ottomane

connaît son apogée au XVI<sup>e</sup> siècle avec la figure de Sinan dont

les mosquées, une fois dépassé le modèle de Sainte-Sophie,

rivalisent de beauté, sculptant la silhouette de

Constantinople ou d'Edirne, telle la Selimiye, sa plus haute

réalisation. Après l'époque de Sinan, trois constructions

palatiales majeures sont à retenir : Topkapi Sarayi,

le palais d'Isak Pasa à Dogubayazit, aux extrêmes confins

de l'empire, et Dolmabahçe, dans la capitale... sans oublier

la fontaine d'Ahmed III, «joyau de marbre» (De Amicis),

palais, mosquées, tours d'horloge et le pont de Galata.

Le prestige des sultans ne se manifeste pas seulement

dans les monuments : grâce aux ateliers impériaux, leur

mécénat favorise les arts décoratifs - calligraphie, reliure,

métaux, céramiques, tissus, tapis, bijoux, miniatures -,

indissociables de l'architecture. L'extrême beauté des

revêtements pariétaux qui ornent l'intérieur des édifices

religieux ou civils, mais aussi le mobilier des mosquées,

les mihrabs et les minbars ouvragés, sont ainsi mis en

perspective dans cet ouvrage à l'iconographie foisonnante.

La proximité entre Orient et Occident, où les différents

arts n'ont cessé de s'interpénétrer, et l'égal raffinement des

deux cultures sont ici manifestes, témoignant d'un langage

artistique méditerranéen et universel. «Cette cité - écrivait

Nerval à propos de Constantinople - est le sceau mystérieux

et sublime qui unit l'Europe à l'Asie.»

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