Survivre au front, 1914-1918 : les poilus entre contrainte et consentement

Pourquoi ont-ils tenu si longtemps dans les tranchées ? Les
Français s'interrogent aujourd'hui sur les raisons qui ont fait
rester tant d'hommes, aussi longtemps, dans des conditions si
difficiles. Il est vrai que la société de la première décennie du
XXI<sup>e</sup> siècle n'est plus la même que celle de 1914. Les valeurs
qui la construisaient alors se sont considérablement estompées
aujourd'hui. Pour comprendre l'attitude des hommes
dans les tranchées, il faut rappeler les traits de la société de
l'époque. Les soldats ont-ils été menés à la baguette, contraints
d'obéir sous peine d'être immanquablement fusillés par les
leurs ? À cette lecture qui relève de la culture pacifiste, s'oppose
aujourd'hui une lecture qui affirme que les combattants
ont "consenti" à la guerre, tout au long du conflit, par patriotisme
essentiellement. Les deux interprétations sont-elles si
exclusives que cela l'une de l'autre ? À travers l'exemple des soldats
français, certains célèbres, d'autres complètement anonymes,
François Cochet montre les complexités du monde du
front et des sentiments qui y cohabitent. Il décrypte les éléments
de contrainte, mais aussi leur adaptation sur le terrain. Il décrit
le consentement et ses essoufflements sur la durée de la guerre.
L'importance des solidarités qui traverse le monde combattant,
les nouvelles dimensions de la guerre industrielle constituent
autant de moments forts dans les rythmes du front.