La chefferie traditionnelle dans les sociétés de la grande zone forestière du Sud-Cameroun : 1850-2010

Le projet de livres sur la chefferie «traditionnelle» obéissait à la
volonté de l'auteur d'apporter sa contribution à la connaissance de l'un
des pans de l'histoire politique et sociale du Cameroun moderne. En
faisant appel à d'autres contributions, il a voulu élargir le champ des
analyses et arriver à une compréhension plus étoffée de cette institution
qu'est la chefferie dans les sociétés bantoues de la grande zone
forestière du Sud-Cameroun et son évolution de l'implantation de
l'administration coloniale du 2<sup>e</sup> Reich à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle à nos
jours.
À travers cet ouvrage, l'auteur apporte un éclairage nouveau sur le
sort réservé aux vrais détenteurs de l'autorité traditionnelle dans cette
partie du Cameroun. Connus sous des terminologies diverses (Mintôl,
Mbombog, Lam-Lam, Ci), ils furent remplacés par les chefs
administratifs hiérarchisés (chefs de cantons et chefs de groupements).
Élus du nouvel ordre colonial, ces derniers furent placés à la tête des
unités de commandement indigènes créées spécialement pour eux dans
la seule optique d'aider les colonisateurs européens à accomplir leur
triple mission de domination politique, d'exploitation économique et
d'aliénation culturelle des peuples de cette partie du continent africain.
En mettant en relief le caractère a-traditionnel de ce qu'il appelle
«roitelets nègres» ou encore «enfants chéris de l'ordre colonial», et
les multiples avantages que leur apporta la collaboration avec les
administrateurs venus de l'Hexagone, l'auteur et son équipe apportent
des réponses aux multiples questions concernant la nature et la
crédibilité de cette institution appelée «chefferie» et abusivement
qualifiée de «traditionnelle» dans le Sud-Cameroun forestier.