Les lueurs de l'aube

Étienne et Louis, orphelins de père, travaillent dur pour nourrir leur mère et leurs soeurs. D'abord simples spectateurs des soulèvements de 1848, ils prennent part aux actions contre les bourgeois et obtiennent des avantages sociaux. Mais très vite, le gouvernement les retrouve et les condamnations tombent... Ils se réfugient alors chez un ami, un marchand de bois installé dans un endroit reculé. Mais Étienne parviendra-t-il à se passer de Rachel, sa bien-aimée ?
« C'est pas des gens comme toi et moi, ils ne pensent pas comme nous, ils ne causent pas comme nous... » avait-il dit. Et s'il avait raison ?
- Il a raison Doumecq ! tonna Louis. Et, ce qu'il n'a peut-être pas dit et qui circule aussi, c'est que, pendant que certains crèvent de faim, d'autres cachent leur blé pour faire monter les prix ! Et ça marche : de deux francs le boisseau qu'il était vendu le mois dernier sur les marchés, le voilà rendu à quatre francs ! Dis, crois-tu que ça va durer longtemps cette affaire-là ?
- Je n'en sais rien, répondit distraitement Étienne qui comprenait la fureur de son ami sans pour autant la partager pleinement.
- T'en sais rien ! T'en sais rien ! répéta Louis non sans humour, évidemment que t'en sais rien... Toi, c'est Rachel qui t'occupe l'esprit et comme tu es amoureux, de l'eau fraîche te suffit.