Requiem pour un juriste

Juriste devenu informaticien, joueur passionné d'échecs
et de tennis, Péter Hendi, écrivain hongrois né à Budapest en
1943. Fonctionnaire international à Genève dix ans après avoir
émigré en Suède, auteur de nouvelles publiées notamment
par L'Harmattan et La Nouvelle Revue française , possède une
mobilité d'esprit peu compatible avec la rigidité des régimes
dictatoriaux : son roman, partiellement autobiographique, en
témoigne. Son héros, Erasmus Szabó, qui doit son prénom au
culte que sa mère vouait au grand humaniste de Rotterdam, ne
peut que quitter un pays qu'il juge trop étriqué. En attendant
de réaliser son projet, il observe d'un oeil goguenard la réalité
environnante dont il ne manque pas de dénoncer les absurdités
dans un style souvent acerbe, reflet de son amère lucidité.
L'absurdité imprègne aussi bien la vie quotidienne du héros
que les circonstances historiques qui y président : orphelin
d'un père tué au cours de la deuxième guerre mondiale et d'une
mère violée puis abattue par un soldat soviétique pendant la
« libération » de la capitale hongroise, Erasmus est élevé par
son oncle et sa tante. Étudiant en droit, écrivain en herbe,
amoureux transi, « incarnation de flagrantes contradictions »
selon l'expression d'un de ses professeurs, notre héros, grand
consommateur d'aphorismes désabusés, finit par passer à
l'Ouest, sans pour autant y trouver le bonheur.