Repenser l'éducation : vers un bien commun mondial ?

Nous vivons dans un monde caractérisé par le changement, la complexité et le
paradoxe. La croissance économique et la création de richesses ont permis la
diminution du taux mondial de pauvreté, et pourtant, la vulnérabilité, les inégalités,
l'exclusion et la violence n'ont cessé de croître dans le monde entier, tant au sein des sociétés
que d'une société à l'autre. Les modes de production économique et de consommation
non durables accélèrent le réchauffement climatique, provoquent la détérioration de
l'environnement et une recrudescence des catastrophes naturelles. De surcroît, même si, au
cours des dernières décennies, nous avons renforcé les instruments internationaux en faveur
de la défense des droits de l'homme, leur application et leur protection demeurent un défi.
Et tandis que le progrès technologique confère une plus grande interconnexion et offre de
nouvelles voies d'échange, de coopération et de solidarité, nous assistons parallèlement à
la montée de l'intolérance culturelle et religieuse, ainsi qu'à des mobilisations et des conflits
politiques identitaires. Ces changements indiquent l'émergence d'un nouveau contexte
mondial d'apprentissage dont les répercussions sont cruciales pour l'éducation. Il n'a jamais
été aussi urgent de repenser la finalité et l'organisation de l'éducation.
Cet ouvrage se veut être un appel au dialogue. Il s'inspire d'une vision humaniste de
l'éducation et du développement, fondée sur le respect de la vie et de la dignité humaine,
sur l'égalité des droits, la justice sociale, la diversité culturelle, la solidarité internationale
et la responsabilité partagée pour un avenir durable. Il suggère que nous considérions
l'éducation et le savoir comme des biens communs mondiaux afin de concilier la finalité et
l'organisation de l'éducation, envisagés comme un effort collectif et sociétal dans un monde
complexe.