La plume, le pinceau, la prière : l'égyptologue Marguerite Naville,1852-1930 : récit biographique à trois voix

Marguerite Naville a connu un destin exceptionnel.
Comme d'autres femmes remarquables de son époque,
elle est pourtant restée dans l'ombre, ses multiples
dons ayant été voués au service des autres et surtout
de son mari, l'égyptologue Édouard Naville.
Aquarelliste de talent, elle contribua notamment par
ses nombreuses et précises reproductions de sites, de
statuaire et de hiéroglyphes aux découvertes de son
époux.
Née de Pourtalès en 1852, elle s'intéressa très jeune
aux grandes questions de son époque et fut confrontée
au dilemme de l'allégeance de sa famille neuchâteloise
à la Prusse, en regard de leur affection pour les
Français. Elle s'identifia à la Prusse dans la guerre
franco-prussienne de 1870 mais prit le parti des Alliés
lors de la Grande Guerre.
Bouleversée par les souffrances sans précédent causées
par le conflit mondial, qu'elle consigna au jour
le jour dans ses carnets, elle tenta d'endiguer le mal
en secourant les blessés et les prisonniers de guerre.
Entre ces deux guerres, elle prit part aux côtés
d'Édouard Naville à quatorze campagnes de fouilles
en Égypte. En dehors de ses travaux de reproductions,
elle relata avec acuité et humour dans son journal
la vie au quotidien sur les chantiers de fouille et
ses rencontres avec des égyptologues, notamment le
célèbre Howard Carter.
Ses écrits sur la Bible et ses carnets démontrent
également son souci constant d'inscrire ses actions
dans une foi protestante jamais démentie. Refusant
les idées modernes de l'Église institutionnelle, elle
adopta les positions du mouvement évangélique du
Réveil, plus enclin à se fonder sur les Écritures seules.