La jouissance de Dieu ou Le roman courtois de Thérèse d'Avila

Ainsi ai-je somnolé pendant des jours en feuilletant des
pages dont, dans la confusion intermittente, des bribes
de phrases me devenaient de plus en plus lisibles. Les
Nuits de Jean de la Croix. Je compris qu'on ne peut pas
tomber n'importe comment, que la mort est parfois
complaisance au désastre. Il m'apparut aussi que le
métier de l'écrivain est comparable à l'aventure mystique.
Jean de la Croix me fit faire l'économie d'une psychanalyse
à laquelle les doctes contemporains soumettent
- en plus des vrais malades - les âmes insolites pour
les domestiquer. «Rentre dans le rang», crie l'opinion à
l'artiste qui ne sait ni où est le rang ni ce que c'est.
Dialogues avec Nietzsche comme avec Thérèse d'Avila ou
Jean de la Croix, dialogue improbable, en Pierre Boudot,
entre ce même Nietzsche et cette même Thérèse d'Avila,
La jouissance de Dieu est autre chose qu'un essai : le livre
d'un homme qui a choisi la liberté d'être libre.