Terreur et poésie

Terreur et poésie

Terreur et poésie
Éditeur: Galilée
2004143 pagesISBN 9782718606217
Format: BrochéLangue : Français

Ce livre interroge deux des promesses politiques dont l'écoute

de la poésie s'est trouvée investie au siècle dernier. Son fil

conducteur est double. Il est d'abord orienté par la confrontation

critique de deux lectures de la poésie : celle que fait

Heidegger des hymnes de Hölderlin et celle que fait Paul Celan

de Mandelstamm. Dans chacune de ces deux figures, l'écoute

de la poésie est pensée à partir de son adresse : pour Heidegger,

c'est le peuple que la poésie est censée venir sauver ; pour

Celan, c'est l'interlocuteur providentiel qu'elle vient secourir.

Dans le premier cas, cette pensée est chargée d'ambiguités et

de présupposés sur la langue, le destin, le peuple que le présent

essai entreprend de déconstruire. Dans le second cas, elle met

au premier plan de la relation entre le poète et son lecteur

l'attention - une attention dont il s'agit ainsi de penser la portée

éthique et politique. Promesse de salut, promesse de secours

sont alors présentées comme deux façons radicalement

opposées de penser la situation de la poésie face à la terreur

politique.

Soumettre d'abord l'analyse du

philosophique à la rigueur de la

preuve, aux chaînes de la

conséquence, aux contraintes

internes du système : articuler,

premier signe de pertinence, en effet.

Ne plus méconnaître ce que la

philosophie voulait laisser tomber

ou réduire, sous le nom d'effets, à

son dehors ou à son dessous (effets

«formels» - «vêtements» ou «voiles»

du discours - «institutionnels»,

«politiques», «pulsionnels», etc.) :

en opérant autrement, sans elle ou

contre elle, interpréter la philosophie

en effet.

Déterminer la spécificité de l'après-coup

philosophique - le retard,

la répétition, la représentation,

la réaction, la réflexion qui rapportent

la philosophie à ce qu'elle entend

néanmoins nommer, constituer,

s'approprier comme ses propres

objets (autres «discours», «savoirs»,

«pratiques», «histoires», etc.)

assignés à résidence régionale :

délimiter la philosophie en effet.

Ne plus prétendre à la neutralité

transparente et arbitrale, tenir

compte de l'efficace philosophique,

et de ses armes, instruments et

stratagèmes, intervenir de façon

pratique et critique : faire travailler

la philosophie en effet.

L'effet en question ne se laisse

donc plus dominer ici par ce que la

philosophie arraisonne sous ce nom :

produit simplement second d'une

cause première ou dernière,

apparence dérivée ou inconsistante

d'une essence. Il n'y a plus, soumis

d'avance à la décision

philosophique, un sens, voire une

polysémie de l'effet.

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