Le refus de l'esclavitude : résistances africaines à la traite négrière

Notre histoire commence au siècle de Soundiata dans les
étendues de sables et de savanes du Sahel par un hymne, aussi
médiéval qu'africain, à la liberté. Ne pas commencer par là serait
se priver de comprendre l'histoire de l'Afrique.
Ensuite d'y comprendre l'histoire de la traite. Et enfin,
l'histoire des résistances à la traite. Car les résistances à la
traite et à l'esclavage, qui sont l'âme de l'histoire de la Caraïbe,
commencent en Afrique.
Le capitaine du Notre Dame de Bonne Garde, un bateau
négrier destiné à approvisionner en bras serviles la Martinique,
consigne dans son Journal de Bord le récit d'une révolte lancée
en face des côtes du Dahomey par des «Nègres (....) qui
s'étaient déferrés pour se tirer de l'esclavitude et ne se trouvant
pas contents de se tirer eux-mêmes, (...) voulaient suborner les
autres».
Nous avons gardé pour titre de cette étude ce mot, parce
que ce petit livre n'est rien d'autre qu'un hommage au Refus de
l'Esclavitude qui a animé, à bord comme à terre, pendant plus de
trois siècles, toutes les rébellions de dizaines de milliers de captifs
africains destinés à l'esclavage de la plantation américaine
et caribéenne.