Paroles de déportés : témoignages et rapport officiels

«Enfin nous arrivons à onze heures du soir par une nuit opaque.
Vision d'horreur, vision d'épouvante, heures les plus pénibles
de ma captivité. Cris de bêtes sauvages, aboiements sinistres.
Qu'était tout cela ? La réception des geôliers escortés de leurs
gros chiens-loups admirablement dressés pour les seconder
dans leur rôle de garde-chiourme. Effrayés, nos jambes se
refusent à nous porter, nous ne pouvons plus avancer.»
Ces témoignages de victimes des camps de concentration
et extraits de rapports officiels ont été collectés au lendemain
de la Seconde Guerre mondiale pour servir au procès de
Nuremberg. Ces paroles de déportés se suffisent à elles-mêmes,
tant leur force est saisissante. Elles offrent une
synthèse de l'univers concentrationnaire et constituent un
document plein d'effroi et de recueillement.