Sartre, passions cubaines : récit

Sartre disait de son amie Dolores
Vanetti qu'elle lui avait donné l'Amérique.
C'est l'une des femmes qu'il a le
plus fortement aimées, puisque leur
liaison alla même jusqu'à mettre en péril
sa relation avec Simone de Beauvoir.
Après lui avoir fait connaître New York au lendemain de la guerre,
elle l'entraîna en 1949 dans un voyage improbable aux Caraïbes
et notamment à Cuba, que Sartre a découvert dès ce moment-là,
à l'insu de tous, avant d'y retourner officiellement dix ans plus tard,
invité par le journaliste Carlos Franqui et attiré par le spectacle d'une
révolution triomphante.
C'est l'histoire de cette passion amoureuse qu'Alain Ammar révèle
dans son livre, où il est aussi longuement question de la place
qu'occuperont désormais Cuba et sa révolution dans la vie et l'oeuvre
de Jean-Paul Sartre.
Cet ouvrage abonde en témoignages inédits, dont celui, posthume,
de l'écrivain brésilien Jorge Amado, qui fut le confident de Sartre
durant l'été 1960 à propos justement de sa liaison avec Dolores
Vanetti. Il montre aussi comment la relation entre Cuba et Sartre a
d'abord été une histoire de défiance avant de devenir une histoire
passionnelle. Les trois visites que le philosophe fit dans l'île en 1949
et 1960 furent pour lui des moments exaltants qui débouchèrent sur
une cruelle désillusion. Il y rencontra Fidel Castro et Che Guevara et
crut sincèrement - mais à tort - que l'expérience cubaine pouvait
devenir, pour le monde, le laboratoire des lendemains qui chantent.