Cheikh El-Hasnaoui : chanteur algérien moraliste et libertaire

Dans les années 1930, Cheikh El-Hasnaoui débute une carrière de
chanteur qui le conduira en France où il souhaitait enregistrer. En
1936, il quitte définitivement l'Algérie et s'installe à Paris où son
premier disque paraît en 1949. Pendant la Guerre d'Algérie, par
solidarité avec les combattants du FLN-ALN, il s'abstiendra de se
produire en public.
En 1971, âgé de 61 ans, il arrêtera définitivement la chanson et
s'installera à Nice, son catalogue comptant alors soixante-quatorze
titres chantés en kabyle et en arabe algérien. En 1989, se coupant
totalement des siens, il se retire à Saint Pierre de la Réunion où il
mourra en juillet 2002.
En juillet 1999, Mehenna Mahfoufi, ethnomusicologue, apprend
que le vieux maître habitait l'Ile de la Réunion. Quelques mois
plus tard, faisant suite à une rumeur, une radio annonce sa mort.
Le chercheur se rend à la Réunion, en ramène des images vidéo
et dénonce, à la télévision algérienne, la rumeur infondée.
Mehenna Mahfoufi fera trois voyages pour rencontrer le chanteur,
et un quatrième pour être présent à ses funérailles.
Ce livre est un témoignage écrit avec respect. Il raconte, de façon
détaillée, la chronologie complète des retrouvailles. Au détour
d'une discussion, Cheikh El-Hasnaoui dévoile un pan méconnu
de sa vie, ignoré même de sa famille adoptive restée en Algérie.
Des photos inédites, confiées par son épouse, et un CD musical
contenant un enregistrement fait à l'occasion d'une soirée privée
(1965), accompagnent ce récit émouvant.