Mont-Cinère

Dans cette maison dont le nom évoque
des cendres éteintes, Mont-Cinère,
la jeune Emily est élevée dans le froid.
Sa mère, par peur de manquer,
rogne sur tout dans la grande propriété
qui a dû être superbe en des temps
plus anciens. Et la vie s'écoule.
La mère thésaurise pour accumuler
en banque une fortune morte ;
la grand-mère, prodigue en apparence,
mais du bien des autres, a l'avarice
du coeur et ramène tout à elle-même.
Cette soif de biens matériels finit
par faire de ces gens des possédés.
L'avarice devient contagieuse
comme une maladie honteuse.
L'amour ne figure qu'au nombre
de ce qui peut rapporter quelque chose.
Si bien que, devenue à son tour
la maîtresse de Mont-Cinère,
Emily, dans la crainte de voir
la maison lui échapper, la livrera
aux flammes. Sa vengeance aura pris
les couleurs du feu absent
dont son enfance avait rêvé.