Turgot et Adam Smith : une étrange proximité

Plusieurs textes de Turgot, réunis dans ses «Réflexions
pour deux étudiants chinois», parues dans les
Ephémérides de novembre 1769 à janvier 1770, ont inspiré
La Richesse de nations publiée six ans plus tard par Adam
Smith (1776).
Anne Claire Hoyng prolonge l'interrogation de nombreux
chercheurs antérieurs : pourquoi Smith n'a-t-il jamais cité
Turgot ? Elle confirme que Smith a bien connu Turgot dans
les salons parisiens en 1766 ; et qu'il a maintenu longtemps
le contact avec lui, ce dont les bibliothèques des deux
hommes apportent la preuve.
Exploitant l'importante correspondance des hommes et
des femmes qui ont accompagné la naissance de l'économie
politique à Paris, au temps des Lumières, cet essai démontre
aussi qu'Adam Smith, comme Turgot, prolonge l'Essai sur la
nature du commerce en général (1755). L'oeuvre posthume
de Cantillon laisse en effet des traces profondes chez l'un et
l'autre des deux économistes.
Ce bel essai d'histoire économique rappelle donc les solides
racines françaises de l'économie politique que la doctrine
classique rattacherait aux seules sources écossaises.