Rue de Babylone : sotie

Dans cent mille ans, plus tôt peut-être, les déchets
nucléaires que nous avons l'imprudence d'enfouir sous
terre mettront en danger la planète. Il faudrait prévenir
nos lointains successeurs. Leur envoyer un message ?
Mais dans quelle langue, puisque toutes celles que nous
parlons aujourd'hui auront probablement disparu. Car
les langues meurent aussi.
Réuni à Paris, rue de Babylone, un collège d'experts
internationaux doit trouver une solution à cet angoissant
problème.
C'est l'occasion pour l'auteur d'évoquer toutes les tentatives,
des plus sérieuses aux plus loufoques, déployées au
cours de l'histoire humaine, pour fabriquer une langue
commune à tous, susceptible d'instaurer entre les peuples
la paix universelle. Comme si le fait de parler le même
idiome n'était pas, au contraire, le plus sûr moyen de ne
pas s'entendre, de susciter des disputes, d'en venir aux
mains ou aux armes...
Derrière ce divertissement, mi-grave mi-bouffon, est
dressé, en forme de réquisitoire ironique, un inventaire
des utopies les plus niaises de notre siècle, du principe
de précaution poussé à ses extrêmes au gommage des
frontières et à l'abolition de la diversité des langues.